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un œil puissant, prêt à me prendre en défaut. Il me transperçait l’esprit, il cherchait à orienter mes gestes. Suspendu dans l’air, il m’obligeait à lever la tête. Il dominait le monde. Et ce monde, sans doute à cause de lui, s’était mis à bouillonner comme un séisme frénétique, comme une inondation invraisemblable. On n’avait jamais vu ça, même dans nos rêves où tout est sens dessus dessous. La catastrophe s’était figée l’espace d’une seconde en attendant catastrophe plus grande. Comme je restais saisi moi-même sous cet œil qui pesait de tout son poids sur ma personne. Je levais les bras au ciel en criant : « Lâchez-moi ! Bon Dieu, mais lâchez-moi un peu ! J’en ai assez de me sentir surveillé comme ça ! » L’œil me fixait toujours, superbement indifférent à mes signes d’exaspération. J’avais beau faire le magicien, je n’avais pas appris à maîtriser cet entrenous qui nous liait et nous séparait tout autant. Cet œil était porté par un corps parfait, avec des courbes voluptueuses, des lignes puissantes, un organisme dont la mécanique flattait mon goût pour le mystère et l’insondable. Derrière moi s’agitaient des hommes à bosse ou à poigne, des laids obsédés par leur laideur et des athlètes au corps tendu vers la confrontation. Ils ne pouvaient pas se mettre à ma place. J’étais devant, tout devant, au tout premier rang des choses, comme un éclaireur sous l’éclat de la lune. Non, vraiment, ils ne pouvaient pas se mettre à ma place. Ni le pompier, derrière, qui tentait à lui seul d’enrayer le grand dérangement, ni le vieux guerrier qui brandissait ses lames pour ajouter de la mort au chaos. À vrai dire,

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